Un élève orienté en SEGPA passe le CFG en fin de troisième, pas le brevet classique. Un élève en ULIS reste inscrit dans sa classe de référence et peut, selon ses capacités, se présenter au DNB avec des aménagements. Cette distinction change tout pour la poursuite d’études, et elle est rarement expliquée de façon limpide aux familles.
CFG ou DNB : quel examen selon le dispositif
En SEGPA, l’examen de fin de troisième est le Certificat de formation générale (CFG). Il valide des compétences du socle commun à un niveau inférieur à celui du brevet. L’épreuve repose sur un oral à partir d’un dossier et sur la maîtrise de compétences évaluées en contrôle continu.
Rien n’interdit à un élève de SEGPA de se présenter au DNB série professionnelle, mais dans la pratique, l’enseignement dispensé ne prépare pas aux épreuves écrites du brevet. Les équipes orientent donc la grande majorité vers le CFG.
En ULIS, la situation est différente. L’élève est inscrit dans une classe ordinaire et bénéficie d’un regroupement ponctuel avec un coordonnateur spécialisé. S’il suit les programmes du cycle 4 avec des adaptations, il peut passer le DNB, éventuellement avec un tiers-temps ou d’autres aménagements notifiés par la MDPH. S’il relève d’un niveau d’acquisition plus éloigné des attendus, le CFG reste possible aussi.

Orientation après la troisième SEGPA : CAP et prépa-seconde
La vocation de la SEGPA est de conduire vers la voie professionnelle. En pratique, la majorité des élèves sortant de troisième SEGPA intègrent un CAP en lycée professionnel ou en CFA. Les ateliers de découverte professionnelle suivis dès la quatrième (hygiène-alimentation-services, habitat, vente, production industrielle) préparent cette transition.
Le CFG suffit pour entrer en CAP. Avoir le brevet n’est pas une condition d’accès. Ce point rassure souvent les familles qui craignent que l’absence du DNB ferme des portes.
La prépa-seconde, un filet depuis 2026
Un décret de juillet 2026 généralise la classe prépa-seconde. À l’origine réservée aux élèves admis en seconde sans le DNB, elle s’ouvre désormais plus largement. Un élève de SEGPA affecté en seconde professionnelle peut, sur la base du volontariat, bénéficier d’une année de consolidation des acquis du cycle 4 avant d’entrer réellement en seconde.
Au terme de cette année, deux options : conserver l’orientation obtenue en fin de troisième ou changer de voie (générale-technologique ou professionnelle) après avis du conseil de classe. Pour un parcours SEGPA, la prépa-seconde offre une année de rattrapage sans redoublement formel.
Poursuite d’études après l’ULIS collège : plus de voies ouvertes, mais pas automatiques
Un élève ayant suivi un parcours ULIS au collège avec le DNB en poche peut candidater en seconde générale, technologique ou professionnelle comme n’importe quel collégien. L’ULIS n’apparaît pas comme une filière sur les bulletins, c’est un dispositif d’appui.
Les choses se compliquent quand l’élève n’a pas obtenu le DNB ou quand ses acquis restent fragiles. Plusieurs pistes existent :
- L’ULIS lycée, qui fonctionne sur le même principe qu’au collège : inscription dans une classe ordinaire de lycée professionnel ou général, avec un temps de regroupement adapté. L’élève prépare un CAP, un bac pro ou, plus rarement, un bac général ou technologique.
- La prépa-seconde mentionnée plus haut, accessible aussi aux profils ULIS admis en seconde sans le brevet.
- Un CAP en apprentissage avec un accompagnement MDPH (aide humaine, aménagement du poste), ce qui suppose un employeur informé et volontaire.
Le PPS (projet personnalisé de scolarisation) reste le document pivot. C’est lui qui formalise les aménagements, le temps de présence en classe ordinaire et les objectifs de formation. Sans PPS à jour, les aménagements d’examen ne sont pas garantis.
Aménagements d’examen au brevet et au CAP : ce qui change concrètement
Pour un élève en situation de handicap, les aménagements au DNB ou au CFG sont décidés par la MDPH et formalisés dans le PPS. Les plus courants : tiers-temps supplémentaire, secrétaire lecteur-scripteur, utilisation d’un ordinateur, adaptation des supports (agrandissement, police spécifique).
Ces aménagements ne sont pas automatiquement reconduits d’un examen à l’autre. À chaque nouveau diplôme (CAP, bac pro), une demande doit être déposée auprès du rectorat, avec les pièces médicales actualisées. Les retours varient sur ce point : certaines familles obtiennent une reconduction rapide, d’autres doivent relancer plusieurs fois.
Dispense de certaines épreuves
Dans des cas spécifiques, une dispense partielle d’épreuve peut être accordée. Par exemple, un élève sourd peut être dispensé de la partie orale d’une épreuve de langue vivante. Ces dispenses existent aussi au-delà du brevet, y compris pour des diplômes post-bac comme le BTSA, où une dispense de langue vivante est possible sous conditions liées au handicap.

SEGPA et ULIS au collège : ce qui pèse vraiment sur Parcoursup et l’insertion
On entend souvent que la SEGPA « ferme des portes ». En réalité, le CAP obtenu après une SEGPA a la même valeur qu’un CAP obtenu après une troisième ordinaire. L’employeur voit le diplôme, pas le parcours antérieur.
Pour l’ULIS, la question se pose différemment. L’élève qui décroche un bac pro via l’ULIS lycée peut candidater sur Parcoursup. La mention ULIS n’apparaît pas dans le dossier scolaire transmis aux formations. Ce qui compte, ce sont les notes, les appréciations et la lettre de motivation.
Le vrai obstacle n’est ni le dispositif ni l’étiquette. C’est le niveau d’acquisition effectif à la sortie. Un élève bien accompagné en ULIS ou en SEGPA progresse souvent davantage qu’un élève en difficulté laissé sans soutien en classe ordinaire. Le choix entre les deux dispositifs dépend du profil (handicap reconnu ou difficulté scolaire durable) et du projet de l’élève, pas d’une hiérarchie de valeur entre les deux structures.
La décision d’orientation passe par la MDPH pour l’ULIS, par la commission départementale (CDO-EASD) pour la SEGPA. Dans les deux cas, les familles ont le droit de contester la proposition et de demander un réexamen. Mieux vaut s’y prendre tôt : les dossiers se constituent généralement entre janvier et mars de l’année précédant l’entrée en sixième.

