Comprendre le niveau réel d’un cadre en entreprise

En quarante ans, le nombre de managers en France a triplé. En fait, il y avait 4 700 000 cadres en 2019, ce qui équivaut à 15 % de la population active. Mais qu’en est-il de leur salaire ? Quels sont les avantages d’un tel statut ? Concentrez-vous sur le salaire moyen des cadres supérieurs et français en 2021.

Salaire moyen : Définition

Le salaire moyen, c’est une photographie brute de la rémunération, obtenue en additionnant tous les salaires d’un groupe donné, puis en divisant par le nombre de personnes qui le composent. En France, l’INSEE s’occupe de ce calcul et inclut chaque emploi, du temps plein au temps partiel. Mais attention : le salaire « net annuel moyen » ne correspond pas strictement au net médian, loin de là.

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La notion de salaire brut moyen désigne ce qu’un salarié du secteur privé ou public perçoit en équivalent temps plein (ETP). À ne pas confondre avec le salaire médian, qui partage la population en deux : 50 % gagnent plus, 50 % moins.

Le salaire moyen en France en 2021

Selon l’OCDE, tous secteurs et postes confondus, le salaire moyen annuel s’élève à 46 481 dollars, soit 39 250 euros environ. Côté INSEE, il ressort à 2 238 euros par mois, tandis que le salaire médian plafonne à 1 789 euros.

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Du côté des cadres, l’Apec avançait déjà en 2018 un salaire brut annuel moyen de 57 000 euros (fixe + variable). La part variable, parfois, pèse jusqu’à 25 % de la rémunération globale d’un manager.

Le Baromètre Apec 2020 indique un salaire brut annuel moyen de 50 000 € pour les cadres. Et la majorité n’atteint pas des sommets : 80 % d’entre eux touchent entre 36 000 et 83 000 euros par an. La barre des 100 000 euros bruts reste rare : seulement 5,2 % des cadres la franchissent. À noter également : ce sont les managers de moins de 30 ans qui profitent le plus des progressions salariales rapides.

Quelques points saillants permettent de mieux cerner la réalité de cette rémunération :

  • Les cotisations sociales sont plus lourdes pour un cadre que pour un non-cadre, atteignant environ 25 % du salaire brut.
  • La part variable peut grimper jusqu’à la moitié de la rémunération totale pour les commerciaux.
  • Selon Expectra, le salaire moyen des cadres supérieurs a augmenté de 2,4 % en 2019.

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Salaire moyen selon le métier en 2021

L’écart de salaire net annuel dépend fortement de la catégorie socioprofessionnelle. Les entrepreneurs, hors stagiaires et apprentis, enregistrent la progression la plus marquée : +7,2 % en un an. À l’inverse, les professions intermédiaires avancent à pas comptés, avec seulement 0,5 % de hausse annuelle.

Sur le temps long, les managers ont vu leur salaire annuel moyen bondir de 89 % depuis 1995. Les employés, eux, n’ont progressé « que » de 43,4 %. Les stagiaires et apprentis suivent avec +68,2 %, devant les ouvriers (+51,7 %). Au final, seuls ces trois catégories dépassent la progression de l’ensemble des salariés (+48,6 % depuis 1995).

Facteurs qui font varier le salaire moyen des cadres en 2021

Plusieurs leviers influencent la rémunération des managers : ancienneté, secteur d’activité, région d’exercice, taille de l’entreprise. Chacun pèse son poids dans la balance salariale.

Source : Apec

La taille de l’entreprise

Difficile de passer à côté : plus la société compte de salariés, plus les rémunérations s’envolent. Voici quelques repères pour situer le salaire brut annuel moyen selon la taille de l’entreprise :

  • Moins de 50 salariés : 45 000 euros
  • De 50 à 99 salariés : 48 000 euros
  • De 100 à 249 salariés : 49 000 euros
  • De 250 à 999 salariés : 50 000 euros
  • Plus de 1 000 salariés : 51 000 euros

Source : Apec

À l’inverse, dans les petites structures, l’écart de salaire entre hommes et femmes se creuse nettement.

Le genre

L’égalité salariale attend toujours son heure. Selon l’INSEE, une femme cadre touche en moyenne 18,5 % de moins qu’un homme. Chez les managers, l’écart grimpe à 21 %. Une étude du CGE sur l’insertion des diplômés révèle, en 2019, un salaire annuel brut moyen hors primes de 36 327 euros pour les femmes, contre 38 495 euros pour les hommes, soit un différentiel de 2 149 euros par an, soit -5,6 %.

L’évolution de carrière accentue l’écart : entre le début et la fin de parcours, la différence de salaire entre hommes et femmes managers s’accroît.

Source : Apec

Une étude Apec publiée en février 2020 (“Écart salarial entre les sexes chez les cadres”) confirme : à poste et expérience équivalents, les femmes perçoivent encore 16 % de moins que leurs collègues masculins.

Si l’on compare strictement les salaires sur un même poste, l’écart reste flagrant : les cadres masculins touchent 8 % de plus que les femmes.

L’expérience

Les premiers pas sur le marché du travail ne garantissent pas les mêmes niveaux de salaire qu’après plusieurs années de carrière. Un an après un Bac+5, un jeune diplômé perçoit en moyenne 30 000 euros bruts par an. Passé la barre des 55 ans, le salaire d’un cadre supérieur dépasse souvent 55 000 euros.

Le rapport CGE 2020 (Conférence des Grandes Écoles) fixe le salaire médian annuel brut (hors primes) des diplômés d’écoles de commerce à 40 000 euros en 2019, montant qui grimpe à 43 000 euros primes incluses.

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Secteur d’activité

Impossible de nier l’influence du secteur : certains domaines sont nettement plus rémunérateurs que d’autres. Le tableau ci-dessous détaille les salaires bruts annuels moyens par industrie :

Secteur Salaire brut annuel moyen
Services bancaires et Assurances 53 000€
Automobile, aviation et autres moyens de transport 53 650€
Immobilier 53 900€
Énergie, Eau 54 000€
Fabrication de meubles, textiles et autres industries manufacturières 55 000€
Équipement électrique et électronique 55 000€
Télécommunications 55 000€
Bois, papier, impression 55 000€
Chimie, caoutchouc, plastique 56 000€
Pharmaceutique 60 000€

Source : Apec

D’autres secteurs se révèlent très porteurs, comme la construction, l’ingénierie ou le numérique.

La demande en profils spécialisés reste forte. Un cadre supérieur de l’IT, par exemple, peut viser au moins 47 000 euros bruts annuels, avec des pointes à 132 000 euros en 2019.

Le secteur aéronautique, très rémunérateur d’ordinaire, risque toutefois de voir ses salaires secoués par les effets de la crise sanitaire.

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Le lieu d’exercice

La région joue un rôle de levier. À Paris, un cadre gagne nettement plus qu’en province : en 2019, l’Apec observe un écart de rémunération de 11 % entre les dirigeants d’Île-de-France et ceux des autres régions.

Environ 40 % des emplois de cadres du privé en Île-de-France affichent une rémunération annuelle moyenne de 52 000 euros, contre 47 000 euros ailleurs.

Source : Apec

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L’évolution du salaire moyen en France entre 2000 et 2020

Les courbes du salaire moyen en France n’ont cessé de grimper ces vingt dernières années. Statista évalue le salaire moyen à 31 247 euros en 2000, soit une progression de 25,6 % en deux décennies. L’OFCE, le laboratoire économique de Sciences Po, explique ce phénomène par la disparition progressive des emplois peu qualifiés.

Dans les années 2010, les managers ont été les véritables moteurs de cette augmentation, avec une progression de plus de 5 %. Ils devancent les professions intermédiaires (+11 %) et les employés (+10 %).

Mais, comme le souligne l’OFCE, cette hausse du salaire moyen des cadres n’a pas gommé les inégalités, bien au contraire. En 2004, le seuil inférieur à 90 % des emplois se situait à 36 000 euros, contre 3 000 euros dans les années 1980.

Salaire moyen en France : les inégalités de genre persistent en 2021

Les discours progressent, mais les chiffres sont têtus : les écarts de rémunération entre femmes et hommes résistent. En 2021, 31 % des cadres estiment que leur entreprise s’est engagée à résorber ces disparités ces cinq dernières années. Pourtant, cette dynamique convainc peu les principales concernées : seules 14 % des femmes cadres tablent sur un recul des inégalités salariales cette année-là.

À la loupe, les écarts restent flagrants. En 2015, la rémunération brute annuelle hommes-femmes affichait déjà 50 000 euros contre 44 400 euros. Depuis, la progression n’a pas comblé la distance : aujourd’hui, le salaire brut moyen atteint 52 000 euros pour les hommes, mais seulement 46 000 euros pour les femmes cadres.

Les différences sont plus ténues chez les jeunes générations. Parmi les moins de 35 ans, l’écart se réduit à 4 %, mais grimpe à 12 % pour les cadres de 55 ans et plus.

Ces disparités se traduisent aussi dans l’accès aux postes de direction : en 2021, seulement 36 % des fonctions dirigeantes sont occupées par des femmes. Les secteurs restent profondément inégaux : 67 % de femmes dans la santé, la culture et le social, 62 % dans les ressources humaines, mais à peine 18 % dans l’informatique et 15 % dans l’industrie ou la construction.

Les femmes séniors peinent également à accéder à des postes à responsabilité. En 2021, elles ne sont que 35 % à encadrer d’autres cadres. Et lorsque l’APEC interroge les managers sur leur volonté d’évoluer, le résultat est net : chez les moins de 35 ans, 68 % des hommes se disent prêts à franchir le pas, contre seulement 47 % des femmes.

Le tableau du salaire des cadres en France se donne à voir sans fard : entre progression, disparités et promesses d’égalité, la réalité demeure contrastée. Reste à savoir si la prochaine décennie saura changer la donne ou amplifier les écarts.

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