Dans une entreprise, un gestionnaire qui admet avoir pris une mauvaise décision a peur de perdre sa légitimité. Un gestionnaire qui avoue un manque de discernement peut être discrédité. Quant aux collaborateurs qui admettent que leur projet n’atteindra pas les objectifs fixés, ils risquent d’être punis pour leur manque de résultats. Quoi qu’il en soit, les erreurs dans l’entreprise ne doivent pas exister. Mais comme le dit le proverbe, l’erreur est humaine : tout le monde peut se tromper.Alors pourquoi ce tabou dans les entreprises françaises autour du thème de l’échec, pourtant universel et vécu quotidiennement ?
La première explication remonte à ce que les psychologues appellent le biais négatif. Cette tendance naturelle à retenir davantage les revers que les réussites, à ressentir plus vivement les échecs que les victoires, pèse lourd dans la balance. L’échec marque les esprits, il prend le dessus sur le reste et paraît, à première vue, incompatible avec l’idée de motiver les équipes. À cela s’ajoute un héritage culturel bien ancré en France : le succès prend toute la lumière, l’audace reste dans l’ombre. Là où un entrepreneur est vu comme un aventurier aux États-Unis, il sera taxé d’imprudent chez nous. Le regard diffère, mais la réalité demeure : briser le silence sur l’échec pourrait transformer en profondeur la dynamique de votre entreprise.
Derrière ce tabou, il y a bien plus qu’une simple question d’image. Ce qui se joue, c’est la capacité de chacun à innover sans craindre la sanction. Ouvrir le débat sur le droit à l’erreur, c’est reconnaître que les tests peuvent parfois ne pas aboutir, mais qu’ils sont la première étape vers de véritables avancées. Cela permet aussi de poser des repères clairs : quels comportements encourager, dans quels domaines inviter à la créativité, comment reconnaître les efforts, même si le résultat n’est pas celui espéré. Une équipe qui sent que ses initiatives, même imparfaites, sont accueillies avec écoute et bienveillance, trouve l’énergie de tirer des leçons de ses échecs et d’aller plus loin. Mais comme le dit le proverbe, l’erreur est humaine : tout le monde peut se tromper. Alors pourquoi ce tabou dans les entreprises françaises autour du thème de l’échec, pourtant universel et vécu quotidiennement ?
Erreur de l’entreprise : Pourquoi est-ce un tabou en France ?
La question ne s’arrête pas à l’individu : c’est la capacité d’innovation de toute l’organisation qui en dépend. Si votre entreprise affiche dans ses valeurs des mots comme « Test & Learn », « Audace & Ambition », ou encore « Nouveaux produits et marchés », soyez attentif à la suite. Instaurer une culture de l’innovation, c’est accepter la prise de risque, et donc l’échec. Edwin Earl Catmull, qui a cofondé Pixar Studios avant de diriger Walt Disney Animation, le formule ainsi : « Si vous ne ressentez pas l’échec, vous faites une erreur beaucoup plus grave : c’est le désir de l’éviter qui vous conduit. Pour les dirigeants en particulier, cette stratégie, qui tente d’éviter l’échec en se concentrant sur celui-ci, vous condamne à échouer. » Autrement dit, valoriser la créativité de celles et ceux qui avancent des idées et l’audace de ceux qui osent les concrétiser, c’est la condition de base pour sortir de l’immobilisme.
En pratique, cela suppose d’ajuster ses processus, de repenser les circuits de validation et de revoir ses exigences en matière de résultats sur les nouveaux projets. Chez Bloom at Work, nous posons la question du droit à l’erreur sans détour lors de nos échanges sur l’engagement et le bien-être avec nos partenaires. Ce que nous observons : trop souvent, on néglige ce levier décisif de réussite collective. Pour aller au bout de la réflexion, il est utile d’en saisir les contours, de le traduire dans la vie de l’entreprise et d’en mesurer les bénéfices bien réels.
Envie d’approfondir ? Le 26 juin, l’événement « Mate mon échec » propose une matinée d’échanges sur le sujet, sous la verrière de la Fabrique à Paris (10ème). Un rendez-vous qui promet d’ouvrir de nouvelles perspectives sur le rapport à l’échec, et peut-être, d’amorcer un virage durable dans vos pratiques.
Julie ChaneChing, cofondatrice de BlooMatwork

